Istanbul, la cité de tous les possibles

Partie de pêche sur le Bosphore

Après avoir passé cette fameuse frontière turque « à l’envers » et sans aucune difficulté (ou si peu…), on  arrive dans la capitale de cœur de la Turquie, après quelques heures de route. Cité immense dont on a du mal à évaluer les contours, Istanbul ne semble pas nous attendre et son chaos habituel règne, même à une heure avancée de la nuit. On est frôlé par des taxis, les klaxons retentissent à tout va et il y a du monde partout dans les rues en ces jours du Bayram, la fête célébrant la fin du ramadan. On se laisse hâper par la foule qui déferle sur le pont de Galata, au-dessus de la Corne d’Or dans la lumière dorée de la tombée du jour et on est un peu dérouté par la densité de population après notre retraite d’une semaine dans un champ bulgare… Mais on s’y fait plus ou moins rapidement : le chant du muezzin rythme les journées, les mouettes sont à la recherche de poissons abandonnés par les pêcheurs et on entend les cornes de brume des énormes cargos qui passent le détroit du Bosphore.

De Karaköy à Kadiköy en bateau

Istanbul, Constantinople, Byzance, tous ces noms sonnent comme des témoins de l’histoire et réveillent en nous les images d’Epinal d’un Orient somptueux et luxuriant. Tant de choses ont été écrites sur cette ville incroyable, tant de grands voyageurs y ont posé leurs valises un instant et pris le temps de s’y arrêter pour tenter de la comprendre et on y va toujours, pour la première fois ou pour continuer à découvrir ses mystères infinis. C’est aussi une ville sale, bruyante, bigarrée, étourdissante, où 18 millions de personnes vivent, naissent, meurent, travaillent, aiment, détestent, où des dizaines de nationalités, de religions, de sensibilités, de couleurs, d’odeurs et d’influences se croisent et se mélangent parfois. Malgré le choc des mondes qui se côtoient ici, on sent que tout y est envisageable, toutes les combinaisons sont possibles, les imams croisent les jeunes en baggy-casquette, des intellectuels cohabitent avec des cireurs de chaussures, des pêcheurs jouent au backgammon avec …. Pourtant, ne nous y trompons pas, les frontières existent bel et bien et sont parfois tellement nettes qu’on passe d’un quartier à un autre comme d’un monde à un autre : Taksim, où on pourrait facilement se croire dans n’importe quelle capitale ouest-européenne, où le soir, les bars et les boîtes de nuit battent leur plein et où l’on croise des jeunes gens vêtus légèrement, et de l’autre côté de la Corne d’Or, Fatih, où on ne compte plus le nombre de mosquées, où l’on n’aperçoit que rarement l’épaule d’une femme et où les livres religieux débordent de tous les étalages.

Corne d'Or soir de Bayram

Tant et si bien qu’un certain vertige nous gagne, trop de d’émotions et de sensations à la fois, d’éléments à analyser. Le choc est parfois rude quand on traverse un pont ou quand on passe derrière une rue principale.

On est donc là, au milieu du chaos stambouliote, un peu perdues mais émerveillées et ne sachant plus trop où donner de la tête. Cette tête, remplie de tant d’histoires de vie et de parcours tortueux et torturés rencontrés au fil de notre route, on vient la vider un peu au milieu de ce carrefour des civilisations insondable. Ici, l’eau est omniprésente, que ce soit le détroit du Bosphore d’un côté, la mer de Marmara de l’autre ou encore cette fameuse Corne d’Or, dont le nom suffit à lui seul à en faire rêver plus d’un. Le bateau est de ce fait un élément indispensable de la ville : du plus petit rafiot de pêcheur à l’énorme pétrolier qui arrive du Cambodge, en passant par les bateaux-bus qui assurent le transport de dizaines de milliers de personnes chaque jour, il fait partie du décor stambouliote. Etonnant d’ailleurs qu’il ne se produise pas plus d’accidents sur le détroit où se croisent, voire se frôlent toutes ces embarcations. En tout cas, leur ballet est hypnotisant et on reste des heures sur le bord à observer ce va-et-vient infini dans la lumière incroyable qui baigne souvent la ville en fin de journée.

Corne d'Or - Pont de Galata

Du bruit et des gens partout, à toutes les heures du jour et de la nuit, Istanbul nous ouvre ses bras tentaculaires et impressionnants, on s’y jette volontiers et ils en deviennent presque cruels : ils ne veulent plus nous laisser repartir et la séparation est dure et déchirante… On prend le chemin du retour à regret et on quitte Istanbul, point final de ce périple qui nous a menées aux confins de l’Europe.

Admiration devant le palais de Topkapi

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A propos balktu2011

We are for young students/graduated willing to discover a bit more of Europe. We will be on the roads of southern Europe for six weeks, meeting actors of the civil societies, activists and people on the streets.. Come with us!
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Un commentaire pour Istanbul, la cité de tous les possibles

  1. Bercam dit :

    Marine, tes photos font rêver !!! merci !!! (il manque par contre un saut…)

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